Délices d’hélices, le retour.   Leave a comment


 

Hi folks,

au bout d’un moment, on s’aperçoit qu’il est fort dommage de se limiter aux hélices prêtes à fonctionner, en plastique ou alu. On envisage alors de se lancer sur des hélices métal, du type Octura ou assimilé. Seulement, ces hélices sont livrées brutes de fonderie, ce qui implique qu’il faut les préparer avant emploi. On peut bien sûr faire appel à des gens qui vont le faire, mais en règle générale, ce n’est pas vraiment économique… Je vous livre donc ma méthode, qui vaut ce qu’elle vaut. Bien sûr, vous trouverez certainement un certain nombre de gens qui vont dire qu’elle est trop ceci ou trop cela. Faites donc comme moi, et laissez les dire. Rire

 

First of all, si vous vous lancez dans les hélices d’un diamètre inférieur ou égal à 35 mm, il y a de fortes chances pour que le moyeu de l’hélice soit prévu pour un axe en fraction de pouce (sacrés anglo-saxons…), de l’ordre de 3.17 mm. Pour ne pas s’emmerder à monter des axes non standards en France, il n’y guère qu’une solution, c’est de tarauder le moyeu à M4.

La méthode n’est pas bien compliquée : on prend dans sa main gauche l’hélice. Dans sa main droite un tourne à gauche, sur lequel on va monter successivement les trois tarauds kivonbien (première, deuxième et troisième passe). Et on y va gaiement. La deuxième passe est à mon sens la plus compliquée, il faut forcer pas mal, mais pas trop, sinon on court le risque de péter le taraud dans l’hélice (expérience vécue). Et dans ce cas là, si vous n’avez pas à proximité un pote suréquipé en matos de rattrapage de boulette (spécial dédicace à mon pote JD Clignement d'œil ), vous n’avez plus qu’à benner l’hélice à la poubelle…Donc allez y mollo, revenez souvent en arrière dès que ça force trop, pour ”débourrer” (i.e. évacuer toutes les petites merdouilles de métal que le taraud fait dégager.

Juste un truc, n’oubliez pas de mettre le gros gant kivabien autour de votre main gauche sinon, avant d’avoir fini le taraudage, zavez plus de doigts. Rire

Dernière précision, le moindre mec affublé du moindre diplôme ayant un rapport de près ou de loin avec la mécanique va se rouler par terre en hurlant de rire et en se foutant de votre tronche, arguant du fait que pour tarauder une hélice il faut que le diamètre du trou à tarauder soit comme ci comme ça, que sans presse hydraulique à azimut balistique hélicoïdal ça ne pourra pas tourner droit, etc. Laissez le faire et profitez-en bien, c’est pas donné à tout le monde d’arriver à faire marrer un accro à la mécanique sans lui sortir une blague parlant de foot, de cul ou de bagnole.

Taraudage

Pour cet exemple, on va s’attaquer à une Octura 2132. C’est une hélice Cuivre/Béryllium de 32 mm de diamètre, avec un rapport pas/diamètre de 2.1. C’est une hélice faite pour aller vite (voire très vite) en ligne droite sur une petit hydro.

Première chose à faire après l’avoir taraudée, c’est de vérifier la symétrie des pales. A l’aide d‘un feutre et de ses gros doigts en pleine forme, on va reporter la forme d’une pale sur un papier fort que l’on va maintenir plaqué contre la partie bombée d’une pale. C’est nettement plus facile à faire si vous avez la chance d’être équipé de trois mains.

Dimension

On va ensuite, grâce à ce tracé, vérifier que les deux pales sont strictement symétriques. Si ce n’est pas le cas, on va “raboter” la pale la plus large jusqu’à ce qu’elle coincide très exactement avec l‘autre.

On va pouvoir passer ensuite au gros du boulot, i.e. l’affûtage. Sur la photo ci-dessous, on voit l’hélice juste après taraudage. Vous pouvez juger de l’état de surface “impeccable” du truc en sortie de fonderie. Autant dire qu’il y a un peu de boulot pour la rendre présentable…

Avant_affutage

 

Pour dégrossir le travail, on peut attaquer à la Dremel. On coince ladite Dremel dans un étau et on l’équipe d’un disque à tronçonner.

Dremel_etau

On fait tourner la Dremel, et on passe la face bombée (attention, on ne touchera à aucun moment, ni maintenant ni plus tard au côté “creux” de l’hélice) de l’hélice par petites passes, en douceur sur le disque, tout en effectuant un délicat mouvement de torsion du poignet pour suivre la courbe du bord d’attaque de l’hélice. Attention, il faut y aller mollo, voire très mollo sur les les petites hélices moins épaisses au départ que les grosses. Il est assez facile de “tuer” une hélice à ce stade. On peut très bien, si on n’est pas sûr de son coup, commencer directement à la lime.

Affutage_Dremel

A la fin, le bord d’attaque doit être grossièrement affiné, et ressembler à ça :

Attaque_affute

Ok, jusque là, ça ressemble à du boulot de charcutier bourré. On va maintenant y aller beaucoup plus doucement et en finesse. On attaque à la lime douce, et on affûte tout ça convenablement. Il ne faut pas avoir peur d’y aller, plus c’est fin meilleur c’est… sans tomber dans le délire de mon pote Ester, qui n’est pas content tant qu’il ne peut pas voir au travers de la pale Rire (mais moi je ne suis pas assez doué pour ça). On fait ça à l’oeil, jusqu’à ce que les pales soient bien fines, et de la même épaisseur. On ne voit pas grand chose sur la photo, je ne suis pas doué pour prendre ce genre de truc, ça bippe dans tous les sens… Mais ça donne une idée.

Affutée

Une fois que les pales sont suffisamment fines à votre goût, on peut équilibrer notre hélice. Pour ça, on a bien évidemment besoin d’un équilibreur (étonnant, non ?). Ca se trouve pour pas très cher dans toutes les bonnes boutiques. On positionne l’hélice dessus, et la pale la plus lourde va bien entendu se trouver en bas. On marque ladite pale avec un coup de crayon, et on la lime pour enlever l’excédent de matière. On procède par petites touches, toujours sur la partie bombée de la pale. A la fin, notre hélice doit tourner rond, et s’arrêter avec les deux pales à l’horizontale.

 

Equilibrage hélice from Pierre-Yves on Vimeo.

On va maintenant passer aux finitions. Le but du jeu est d’éliminer les traces de lime diverses et variées, et d’arriver à un bel état de surface. Pour ça, dans un premier temps, on va passer du temps à poncer les pales au papier de verre à l’eau, 400 d’abord, puis 600 ensuite. A la fin, ça devrait déjà commencer à être acceptable, mais il restera encore des traces de rayures.

Poncée

Pour finir, on va ressortir la Dremel, équipée d’un embout de polissage en feutre, et la pâte à polir assortie. On étale un peu de pâte sur les pales, et zou, on polit. On aura pris soin de mettre ses doigts ignifugés avant de commencer, ça chauffe dur…

Dremel_polissage

A la fin de notre première passe de polissage, notre hélice est tout caca boudin.

Helice_caca

Pas de panique, c’est normal. Direction le lavabo, et on nettoie tout ça avec une brosse à dents (pas la vôtre ni celle de votre moitié, suis pour la paix des ménages moi) et de l’eau savonneuse.

Yapluka recommencer le cycle polissage / nettoyage jusqu’à ce que l’état de surface final vous convienne.

Polie

Elle est belle non ?

Allez, on la met sur son arbre et direction le plan d’eau !

Publicités

Publié 15 juin 2013 par pyoffshore dans Trucs et astuces

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :