JAE Mini-Sprint FE, la construction step by step   1 comment


 

Allez, nous voilà repartis pour de nouvelles aventures et des doigts pleins de colle ! Ma fille cadette avait très envie d’avoir son bateau, après une petite recherche et la visualisation d’une vidéo nous avons craqué pour un mini hydro, le JAE Mini-Sprint FE.

Mon pote Julien a la “grosse” version, et a pété les 150 km/h en 6S, autant dire que cette performance n’est pas pour rien dans mon choix. L’équipe qui a dessiné les JAE a mené les choses sérieusement, et leurs productions sont en règle générale très abouties. Pour une fois donc, pas de dessin perso ou agrémenté des idées des copains, on prend le plan tel quel et on ne change pas une virgule.

Enfin, bon, heu, quand même, hein, faut que je mette mon grain de sel, non ? Seules modifs apportées au plan:

  • les matériaux de construction, pas de ctp (ou si peu…), mais du balsa et de la fibre, comme d’hab’;
  • la trans qui sera faite au plus simple, comme sur le plan, mais décalée un peu sur la droite;
  • le gouvernail, qui sera positionné à gauche du fuseau et non à droite. De façon, entre le décalage de la trans et ce positionnement, on est à peu près certain que ça ira bien droit, sans tirer sur la droite.

Au fait, le plan se trouve ici : http://ne-stuff.blogspot.fr/2011/04/jae-mini-sprint-fe-outrigger.html

First of all, faire imprimer le plan échelle 1/1, ça coûte une poignée de burps dans toute boutique de copie disposant de grandes imprimantes idoines.

Préparer ensuite le matos :

  • stratifier sur une vitre préalablement cirée des plaques d’epoxy. Pour ma part, du tissu de 160 g/m², et de l’excellentissime résine Axson. Le fait de stratifier sur du verre présente deux avantages énormes : d’une part la plaque se décollera rien qu’en soufflant dessus la résine une fois sèche, et une des deux faces de ladite plaque présentera un aspect lisse, “glassy” du plus bel effet. Bien entendu, c’est cette face lisse qu’on mettra à l’extérieur du canote, pour que ça fasse bien joli.
  • préparer ensuite les plaques pour les flancs du fuseau et ceux du ski. En ce qui concerne le fuseau, après avoir badigeonné une plaque de balsa de 15/10 de résine, la faire coller sous poids sur une plaque préalablement stratifiée. Pour les flancs du ski, idem, sauf qu’on prendra le balsa en sandwich entre deux plaques d’époxy.
  • préparer les sandwichs pour les patins, en collant sous poids une épaisseur de ctp 10/10 et deux épaisseurs de balsa 100/10.

Un gros plan sur une plaque ainsi obtenue :

Plaques   balsa

Pendant que la résine sèche et tout ça, on peut préparer les gabarits de découpe des flancs et des patins. Pour ça, on découpe dans le plan les vues de côté, et on les colle sur un matériau quelconque (ctp 1 mm pour ma part, mais du carton tout bête peut aussi suffire) à la colle d’écolier en bâton. On laisse bien sécher la colle, et il n’y a plus qu’à découper au cutter.

Attention, compte tenu du fait qu’on plaquera le fuseau en haut et en bas de plaques d’époxy dont l’épaisseur est négligeable par rapport au ctp de 15/10 représenté sur le plan, on fera les découpes en utilisant le tracé extérieur (i.e. prenant en compte les coffrages haut et bas) du plan.

Gabarit flanc

Après avoir terminé les découpes (faciles à faire, beaucoup de lignes droites, peu de courbes), on percera les passages des tubes sur le flanc et les patins. Pour faire au plus précis, la méthode que j’utilise est de percer très précisément exactement au centre des passages de tubes représentés sur le plan, à 2 mm seulement. De cette façon, lorsqu’on effectuera les perçages définitifs (à 5 mm, le tout à la perceuse à colonne si on ne veut pas construire un truc tout tordu) il n’y aura qu’à présenter la pointe centrale du foret (foret à bois à trois pointes) dans le petit trou de 2 mm pour que les perçages soient impeccablement centrés.

Perçage

On peut ensuite sortir le cutter et préparer le ski. Celui-ci est large (2 cms) et sa portance aura pour double effet kiss kool de diminuer la conso, mais aussi de soulever l’arrière, permettant ainsi (enfin je suppose) d’aider l’hélice à lever les fesses de l’engin, ce qui explique le calage à 0° de la trans. Je me suis pas mal remué les neurones avant de trouver une solution qui me permette de faire quelque chose de  light et costaud, puisque les collages fibre/fibre me paraissaient malaisés à faire et pas forcément fiables dans le temps sur d’aussi faibles surfaces de contact (j’ai déjà donné…). Maintenant que de la fumée m’est sortie des oreilles, zavez plus aucune excuse valable pour ne plus vous y mettre. Rire

Tout d’abord on découpe les deux flancs du ski dans la plaque sandwich fibre/balsa/fibre. A ce propos, zallez vite remarquer qu’un réglet métallique sur une belle plaque toute lisse, ça glisse comme un pet sur une toile cirée. Pour éviter la crise de nerfs, le double face à moquette est votre meilleur ami. Un petit bout collé à chaque extrémité du réglet, et il ne bougera plus une fois positionné sur le trait de découpe. Ayez la main légère, multipliez les passes plutôt que de forcer comme un bourrin et zaurez des découpes bien nettes.

Cotés ski

Préparez ensuite les découpes dans une plaque de fibre qui constituera le futur dessous du fuseau. Je suis trop gentil, je vous montre même comment tracer le truc sans vous planter.

Traçage dessous

Puis, toujours sur votre plaque de verre susmentionnée qui commence à devenir votre préférée, placez un bout de double face moquette (tiens, lui aussi va bientôt faire partie de vos amis Facebook…). Dans celui-ci, on pèlera le papier de protection sur grosso modo 5/6 mm à l’emplacement des flancs du ski. De cette façon, il permettra :

  • de maintenir les flancs bien plaqués contre les côtés du dessous (pas facile comme concept, hein ?)
  • de maintenir également les flancs bien perpendiculaires au dessous
  • de tartiner tranquillement les collages d’epoxy lente sans avoir besoin d’être doté de douze mains.

Attention, ne pas trop peler de surface du double face, mais juste ce qui est nécessaire pour maintenir le tout, sinon zallez être obligés de faire naviguer une vitre, ça ne se décollera pas….

Allez, une photo étant souvent plus efficace qu’un long discours, en voilà deux:

Préparation collage ski

Les surfaces blanches sont bien évidemment celles où le double face est pelé…

Préparation collage ski 2

On tartine ensuite le dessus des flancs de ski d’epoxy lente. Astuce, une pointe de cyano tout au bout du flanc permet de maintenir le tout strictement en place pendant le séchage, sans crainte notamment sur la perpendicularité des flancs du ski… On fait également un joli congé d’epoxy lente à la jointure entre les flancs de ski et le dessous du dessous. Clignement d'œil

Pour faire ledit congé, on dépose un ch’ti cordon d’epoxy tout au long de la jointure, puis on lisse avec des cotons-tiges trempés au préalable dans de l’alcool (alcool ménager ou à brûler tout bête). En gros, c’est la même technique que pour faire un joint sur votre baignoire, mais en plus petit (sauf que moi, le joint de la baignoire, j’y arrive définitivement pas. Y mettrais-je de la mauvaise volonté ?)

Une fois la barbouille de colle effectuée, il n’y a plus qu’à immobiliser le tout avec tout moyen à votre disposition. Pour ma part, encore une fois, j’ai mis à contribution ma petite collec’ de poids de grand-mère qui me rend des services tout à fait inestimables dans la construction de mes p’tits engins.

Collage ski

On procède ensuite à la découpe des flancs. Rien de bien compliqué, il n’y a qu’à fixer le gabarit précédemment réalisé sur la plaque balsa+fibre à l’aide, encore une fois, de deux petits bouts de double-face moquette, et à suivre le gabarit avec le cutter. Là encore, passes légères et répétées siouplait. Avant de désolidariser le gabarit du flanc découpé, ne pas oublier de passer un p’tit coup de Dremel + foret de 2 mm à travers les trous percés dans le gabarit sur un des deux flancs. Ce sont ces deux p’tits trous qui nous serviront de repères de perçage pour le passage des tubes. Attention également à bien faire un flanc gauche et un flanc droit…Ca arrive vite de se gaufrer dans le feu de l’action, et après on a l’air bien bête.

Flancs découpés

On profite ensuite d’un passage à l’atelier du club (super bien équipé et tenu par l’excellent Yves) ou chez un copain bien outillé, et on va percer les flancs. On solidarise les deux flancs côté fibre avec deux petits bouts de double face. On passe un petit coup de poncette par acquit de conscience, histoire d’être bien sûr que les flancs soient parfaitement symétriques. On perce ensuite à la perceuse à colonne au diamètre 5, en centrant les perçages avec la pointe centrale du foret à bois dans les petits trous de 2 mm percés sur un des flancs. Si on n’oublie pas de mettre un bout de bois “martyr” en dessous, on obtient de beaux perçages tout propres, tout nets.

Flancs percés

 

On va ensuite coller le TA et les deux flancs. La parfaite symétrie et l’équerrage de ce collage sont primordiaux pour la suite. Un fuseau tordu est un fuseau foutu. Pour y arriver, on a besoin d’un plan bien plan Rire, de deux petits bouts d’équerre en alu, et de pinces. Une photo est beaucoup plus parlante qu’une grand discours, here is the astuce :

Collage TA

On peut ensuite coller le dessous du fuseau, amoureusement assemblé lors des étapes précédentes. On place le fuseau ventre en l’air sur un plan de travail bien plan Rire, et après avoir tracé des repères de collage des flancs sur la plaque de fibre, on plaque le dessous du fuseau sur les flancs, après les avoir badigeonné d’araldite lente. Surtout ne pas hésiter à charger en poids, il faut que le dessous plaque parfaitement sur les flancs. Sur la photo, j’ai enlevé quelques poids pour qu’on voit un peu le fuseau, mais vous avez saisi l’idée quand même, hein ?

Collage dessous

Une  fois le collage du dessous bien sec, on passe à l’étape la plus pénible de la construction, à savoir le fibrage de l’intérieur du fuseau. Je l’ai fait, selon mes habitudes de vieux garçon avec un seul coupon de fibre, mais attention, c’est relativement touchy à faire si on veut un résultat propre. Si on n’a pas l’habitude, il vaut mieux procéder en trois fois : un coupon pour chaque flanc, qui ira grosso modo jusqu’au milieu du fuseau, et un autre pour le TA. Le but de ce renfort est double :

– on va bétonner le collage flancs/dessous;

– on va réellement renforcer le collage du ski avec le dessous. Sans cela, le ski ne tient que par les petits congés déposés à l’extérieur lors de sa construction, et je doute de sa solidité. La fibre va solidariser le dessous et le haut des flancs de ski, ça ne bougera pas.

Fibrage fuseau intérieur

Une fois la résine sèche, on va pouvoir araser le tissu, ainsi que le dessous. On fait ça à la poncette, doucement, en faisant gaffe de ne pas entamer les flancs. On peut ensuite passer au collage des couples qui serviront à positionner le dessus du fuseau, et à scotcher le capot. Celui de l’arrière comporte une partie plus large, destinée à recevoir le perçage pour le passage du tube d’antenne. Collage à l’epoxy lente une fois de plus. On tartine légèrement les extrémités des couples, on met une petite bouse d’epoxy sur le flanc, juste en dessous du couple. On retourne le fuseau et on laisse sécher comme ça. De cette façon, on aura un petit congé d’époxy sous les couples, ce qui les rendra indécollables.

Couples fuseau

On plaque ensuite le dessus à l’avant du fuseau avec une plaque de fibre. Celle-ci ne recouvrira que la moitié du petit bout de ctp placé sur le dessus. De cette façon on pourra positionner et scotcher en toute tranquillité le capot. On arase ensuite le dessus et le dessous par rapport au couple tout en avant. On colle là dessus le “nez” à qui on donne une belle forme à la poncette, et on le recouvre d’une épaisseur de fibre fine + résine.

Avant fuseau

 

 

On a profité du passage à l’atelier du club pour découper et percer les patins dans le bloc précédemment préparé (ctp 10/10 + 2 épaisseurs de balsa 100/10). On a au préalable tracé sur le ctp le profil des patins avec le gabarit, et pré-percé à 2 mm en se servant des perçages du gabarit comme repère.

Un coup de scie à ruban, quelques coups de perceuse à colonne (perçage à 5 mm) et on a deux belles ébauches de patins.

Patins découpés

 

On va couper deux bouts de tube alu de 5 mm extérieur (le même que celui qui accueillera plus tard les tubes carbone de liaison) à 3.5/4 cms de long environ, et on va solidariser provisoirement les deux patins. On va de cette façon pouvoir fignoler la symétrie desdits patins à grand coups de poncette. Attention, surtout faire très très très gaffe à la partie qui va toucher l’eau en ligne de navigation, c’est elle sur laquelle il ne faut surtout pas se louper. Symétrie et planéité parfaites requises. Sur le reste, on peut éventuellement tolérer un chouilla de dissymétrie, mais attention, un tout petit riquiqui de chouilla quand même, hein ?

Patins accolés

On passe ensuite à l’étape coffrage des patins. On utilise de la plaque de fibre et de la colle néoprène contact. Pour les sceptiques, ça fonctionne très bien, et aucun collage réalise de cette façon sur mes autres H n’a lâché. Il faut juste attendre un délai raisonnable (12 h environ) avant d’araser les plaques, de façon à être certain que le collage soit définitif. Attention à l’ordre, il faut faire en sorte que les recouvrements des plaques se fassent dans le sens de l’écoulement de la flotte. Les étapes dans l’ordre :

Placage patins 1

 

Placage patins 2

 

Placage patins 3

Placage patins 4

Placage patins 5

On arase tous les morceaux de placage à la poncette. On plaque ensuite les cotés des patins en utilisant la même technique. On les arase également à la poncette. De cette manière, les plaques se recouvrent à la manière des tuiles sur un toit, et assurent l’étanchéité du tout. On finit en fibrant le dessus des patins avec de la fibre fine (pas d’effort à cet endroit, pas la peine de bétonner).

Placage patins 6

Le support de turn fin est, comme à mon habitude, constitué d’une plaque de carbone (1.4 mm d’épaisseur). On “fraise” le patin avec la Dremel et un mini foret, en prenant appui sur la plaque de ctp. On bourre le tout d’epoxy et on enfonce le support.  De cette manière, c’est très costaud, et aucune crainte à avoir, le TF sera rigoureusement aligné dans les deux sens comme il faut. Bon, ok, là il reste un petit coup de poncette à passer pour avoir un truc vraiment super propre.

Support TF

Pour en finir avec la cellule, on va faire un zoli capot. Même technique que pour le ski, double face et epoxy lente, sauf que cette fois on n’emploiera pas de balsa, mais juste de la plaque de fibre. Attention, ajustages chiantissimes à prévoir… Une fois le tout sec et décollé de la plaque de verre, on stratifie une épaisseur de fibre par l’intérieur pour bien consolider le tout. Le résultat est costaud, mais lourd. Quand j’aurai le temps et la motivation, il est probable que je ferai un capot stratifié sur un moule (plâtre ou moule perdu), ce qui donnera un résultat tout aussi costaud (voire plus) et nettement plus light.

Capot

 

Le gros oeuvre est terminé, on peut passer à l’implantation de la tripaille. Au niveau su setup, un turnigy 2223 (80g, 4.400 de kv), un contro Jeti advance 70A (oui, surdimensionné peut-être, mais increvable et dispo dans ma boîte à rabiot) et des zippy compact 2.200 mAh. Le servo est un bête blue point de 9g, collé au double face mousse contre le flanc. Transmission par flex de 3.2 mm avec axe M4, fusée Hobbyking sur bagues (5 dollars, faudrait être fou pour dépenser plusClignement d'œil), gouvernail Mini Meca (lame à changer plus tard, trop épaisse).

Le couple moteur est constitué par un bête couple de ctp aviation de 2 mm. La trans passe dans une gaine teflon elle-même enfilée dans un tube alu, collé dans le TA et un petit support de renfort en carbone (luxe, n’est-ce pas ?). La fusée est fixée sur une potence en carbone de 1.4 mm, elle-même collée à travers le TA.

Bref, que de l’archi classique, qu’on retrouve sur tous mes H (voir éventuellement les articles sur le P’tit Pymax et le Big Pymax pour de plus amples précisions.

Quelques photos du brol :

Intérieur_1

Intérieur_2

TA équipé

Il ne reste plus qu’à coffrer l’arrière du pont, rien que de très classique, n bout de plaque de fibre collé à l’epoxy lente, et zou. On arase par ponçage, et c’est terminé.

Fini_1

Fini_2

La bête rtr pèse au final 490g. Ce n’est pas hyper léger pour un engin de cette taille. Cela étant, la cellule est relativement bétonnée, je voulais qu’elle résiste aux manipulations et au pilotage des mains non expertes de sa future propriétaire. D’autre part, le setup est relativement lours pour un engin de cette taille (80g de moulin, 50 g de contro, 130g d’accus). On va donc dire au final que ce n’est pas si mal.

On verra un peu plus tard, c’est à dire une fois les première navigations réussies pour faire une déco quelconque. En attendant, ce soir pose du coupe-circuit, départ pour Priziac samedi matin, et premiers essais dans la foulée… Affaire à suivre !

Publicités

Publié 20 avril 2013 par pyoffshore dans Bateaux

Une réponse à “JAE Mini-Sprint FE, la construction step by step

Souscrire aux commentaires par RSS.

  1. Salut PY!

    Je viens (seulement) de lire cet article, et c’est très intéressant.
    Plein de petites astuces auxquelles je n’avais encore jamais pensé, alors que je pratique en club depuis de nombreuses années…
    Comme quoi, ça vaut vraiment le coup d’aller voir ce que les autres font ^^
    Continue comme ça, c’est vraiment plaisant à lire!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :