H1, le défi scratch built   Leave a comment


 

Ca faisait longtemps que l’idée me trottait dans la tête. Après le succès du micro H deuxième version, j’avais envie de m’attaquer à plus gros, à savoir un H1, pour aller faire mumuse avec les copains autour des bouées. Un beau jour, lors d’une navigation à Plessé, mon copain Maxime me fait cadeau d’un kit de fuselage. Pris par le temps et les obligations perso aussi diverses qu’avariées, il est resté un peu sur une étagère. Et un beau jour, c’est à dire le 1er mai, ça m’a pris, il fallait que le truc soit opérationnel pour Priziac, histoire de faire les premiers tests, et fiabilisé pour le Tf de Bordeaux du 6 juin.

C’est parti, voilà la saga en images de la construction du P’tit Pymax (petit mais costaud, yes, exactement comme les p’tits Pimouss ;-)).

 

Fuseau_1

 

 

Les flancs sont constitués de balsa 3 mm, coffrés d’un côté par une plaque de fibre de verre stratifiée. ils sont déjà percés pour les passages des tubes, bref, pas grand chose à faire, sinon de les coller bien à l’équerre sur le fond, constitué d’une plaque de fibre de verre. Le tissu est un tissu de verre gris, qui devient noir après application de résine. Non, non, ce n’est pas du carbone.

 

 

Une fois les flancs collés sur le fonds, reste à faire la mise en place et surtout l’équerrage des tubes. Un H ce n’est pas si facile que ça à régler, et si quelque chose n’est pas droit, on court à la cata. Ma méthode, qui vaut ce qu’elle vaut est la suivante :

Mise_en_croix_1

 

 

On commence par vérifier l’horizontalité des tubes, en plaçant le fuseau sur une surface bien plane. J’utilise des tubes carbones (ici du 4 mm de diamètre extérieur) nettement plus long que ceux qui seront définitifs. Ca permet d’amplifier au bout des tubes le moindre écart, ce qui permet de ne pas passer à côté. Une bonne équerre, et on vérifie que tout tombe juste.

 

 

Mise_en_croix_2

 

 

On vérifie ensuite la perpendicularité des tubes avec le fuselage. Pour cela, même recette que pour la mise en croix d’un avion. On utilise un outil bien droit et rigide (ici un tube laiton), on repère la distance entre un tube et le tableau arrière. On place le tube de l’autre côté, et on doit avoir exactement la même cote.

 

 

Moi, j’ai eu du bol, un truc découpé par Maxime, ça ne peut qu’être parfait du premier coup. Si ce n’est pas le cas, on sort la lime queue de rat, on ovalise les trous de passage dans le fuselage, et on retravaille le bazar jusqu’à ce que tout soit rigoureusement d’équerre. On immobilise ensuite les tubes alu dans le fuselage à l’aide d’un congé d’araldite.

A ce stade, on était le 2 mai.

Je profite lâchement le 4 mai d’une journée au bureau pour dégager à 16 heures, et passer au local du club pour découper et percer les patins.

Patins_1

 

J’avais préparé les plaque durant le week end. Elles sont constituées de 2 épaisseurs de balsa 12 mm prenant en sandwich une épaisseur de 5 mm. On renforce le tout du côté ancrage des patins par une épaisseur de ctp aviation de 1mm. Le tout est collé à l’araldite lente, sous poids.

On trace ensuite les découpes et perçages à l’aide d’un gabarit, on découpe à la scie à ruban, et on perce à la perceuse à colonne.

Pfffff, si avec tout ça c’est pas droit, c’est à désespérer, non ?

 

Il est super important que les deux patins soient rigoureusement symétriques. Forcément, avec la découpe à la scie à ruban, il y a quelques irrégularités et différences. Pour les réduire à néant, il y a une méthode pas très compliquée…

Patins_2

 

 

On va se servir des trous de passage des tubes, et on va insérer dedans de petits bouts de tube alu. De cette façon, on va pouvoir “coller” les patins l’un à l’autre, et les rendre solidaires.

 

 

Patins_3

 

 

A ce stade, il n’y a plus qu’à sortir la poncette, l’huile de coude, et s’attaquer à la mise en symétrie des deux patins. Facile, il suffit de gommer les irrégularités du bloc.

 

 

 

Le lundi soir, j’avais renforcé le fuselage. Après avoir déposé le dimanche un petit congé d’araldite lente partout à l’intérieur de la jonction flancs/fonds, j’ai stratifié le lundi soir l’ensemble du fonds et de l’intérieur des flancs à l’aide d’une épaisseur de fibre de 160 g, que j’ai doublée à l’endroit du passage de la transmission et du couple moteur.

Le mardi soir, forcément, je n’ai pas pu résister à l’envie de faire une petite mise en croix provisoire, avec les patins, juste pour voir le look. Le tissu de verre qui tapisse l’intérieur du fuselage n’avait pas encore été arasé. Evidemment, je n’ai pas pu résister à faire encore un contrôle de l’équerrage, et tout aussi évidemment, tout tombait pile poil….Bravo Maxime !

Patins_4

 

Patins_finis

 

 

Les patins sont terminés, les tubes de liaison sont collés à l’araldite lente. 38 g chacun, qu’on ne vienne pas me dire que des patins en balsa c’est lourd. 🙂 Mais encore une fois, on ne peut arriver à ce résultat qu’en choisissant son bois. Ma planche de 12 mm faisait très exactement 118 g, et celle de 5 mm 46g.

 

 

 

Fixation_potence

 

 

Dans le même temps, j’ai préparé le tableau arrière pour le passage de la potence. Là encore, méthode Maxime. La potence en question est constituée d’un bout de plaque carbone de 2 mm. Elle traverse le tableau arrière, et vient s’encastrer sur un petit couple de renfort, positionné quelques centimètres en avant du tableau arrière, qui est lui même collé sur les flancs et le fonds. C’est light et totalement indestructible.

 

 

A ce stade là, on est le 13 mai, 9 jours avant Priziac…Je n’ai pas pu avancer beaucoup à cause d’un week end en bord de mer (invitation de dernier moment chez des amis, occasion qui s’est transformée en délire éthylique total pendant deux jours… Homérique !). Je commence à flipper un peu quant à la possibilité d’être prêt.

Le 15 mai, préparation du support de turn fin. Méthode éprouvée sur mes précédents micro H. On commence par préparer la plaque carbone qui servira de support à proprement parler. On fraise ensuite le balsa du patin, à l’aide d’un foret de 2mm, en prenant appui sur la plaque de ctp. On est sûr de cette façon que le support suivra parfaitement le bord du patin et sera donc parfaitement droit. Il n’y a plus qu’à bourre ensuite la cavité ainsi dégagée à l’araldite et à enfoncer le support.

Support_tf_1 Support_tf_2 Support_tf_3

 

Trans_collee

Le 16 mai, mise en place du couple moteur et du passage de la transmission. Le couple moteur est prévu pour accepter des moteurs au format 380 ou 540 (on ne sait jamais). Pour que tout soit droit et la transmission bien libre, je monte l’ensemble de la transmission. Mise en place de la fusée sur la potence, vissage du moteur sur son couple, mise en place du tube teflon et du flexible, serrage de la pince sur le flexible. Une fois seulement que tout est bien droit et d’équerre, on immobilise à l’araldite.

J’en ai profité pour mettre en place aussi le gouvernail. Fidèle à mes habitudes, j’ai utilisé un petit gouvernail de minisprint Graupner, amplement suffisant. Faudra juste changer la lame. J’ai positionné aussi les deux petits couples prévus par le sorcier du home made H en haut des flancs à l’avant et à l’arrière, qui serviront à bétonner le collage des plaques du dessus du fuseau et faciliteront les opérations de scotchage. A noter que j’ai raboté le petit couple de renfort de la potence, pour permettre un accès aux vis de fixation du gouvernail en cas de pépin.

 

TA_1

 

 

Le tableau arrière, au soir du 16 mai, ça commence à ressembler à quelque chose.

 

 

 

Le gros du boulot étant fait à l’intérieur du fuseau, on peut coffrer le dessus. Un peu touchy à faire convenablement quand on a pas trente doigts. Mais avec de la méthode, finalement, on y arrive. Primo, solidariser les deux plaques dessus/dessous avec un bout de scotch, façon charnière. Deuxio, déposer un film de colle sur le haut des flancs, et bourrer d’araldite chargée à l’avant. J’en ai foutu suffisamment pour englober les tubes alu. Tertio, maintenir le tout en place avec des pinces diverses et avariées. Quatro, se servir une Corona (en guise de récompense des efforts accomplis), et attendre que ça sèche.

Coffrage_dessus_1 Coffrage_dessus_2 Coffrage_dessus_3

Moule_capot

 

Pendant que ça sèche, il ne faut pas faiblir. Moulage d’un capot sur un moule en plâtre prêté par devinez qui ? Montage de la bague de refroidissement sur le moteur, et découpe d’une lame de gouvernail et d’un turn fin, le tout en inox 1mm.

Petit truc, pour monter une bague de refroidissement sans crise de nerfs, il suffit de tartouiller le corps du moteur à l’aide de liquide vaisselle très peu dilué à l’eau. Une fois que c’est fait la bague glisse sur le moteur comme un pet sur une toile cirée.

 

 

Support_servo

 

 

Il reste encore plein de petites merdouilles à faire, et ce sont hélas des merdouilles chronophages… La soirée du 17 mai est ainsi consacrée à la confection du support de servo. Deux bêtes petites équerres en alu, découpées avec amour aux bonnes cotes, et taraudées à 3 mm pour recevoir les vis de fixation du servo. En cas de pépin, changement de servo en moins de trente secondes montre en main.

 

 

Prise_eau

 

 

Dans le même temps, confection de la prise d’eau, en tube alu de 4 mm extérieur. Sur la photo, elle n’est pas encore collée, ce qui explique qu’elle est bien loin du tableau arrière.

 

 

 

Interieur_quasi_fini

 

 

Le 18 mai, montage de la tripaille. Ca colle, tout rentre à l’emplacement prévu.

 

 

 

 

Quasi_fini

 

Le 20 mai au soir, c’est prêt !!!!!

 

 

 

 

 

Entre le 18 et le 20, il aura fallu :

  • poser la tringlerie de direction;
  • mettre le circuit de refroidissement et tester son étanchéité ;
  • confectionner et coller un support d’accus;
  • affûter et monter TF et lame de gouvernail;
  • poser un congé d’araldite à l’extérieur du passage des tubes dans le fuseau;
  • poser le soufflet de direction;
  • coller le tube d’antenne;
  • fixer les tubes et les patins;
  • paramétrer le contro;
  • ranger et ordonner le merdier à l’intérieur du fuseau

Bref, je n’ai pas chômé.

Il me restait donc une soirée de rab, le départ pour Priziac n’étant prévu que le 22 au matin. Large non ? Bon, sans rire, sans le pont de l’Ascension, je n’aurais pas réussi à tenir les délais. En passant, un grand merci à ma femme et à mes enfants, qui supportent mes périodes d’activité modéliste enragées comme celle qui vient de s’écouler sans broncher…

Bref, ça a navigué à Priziac. Ca va bien, relativement vite, c’est sain. En revanche, petite déception, je n’ai pas réussi à finir un pack de tout le week end, j’avais foiré la soudure entre un des câbles moteurs et le contro, ce qui fait qu’elle a lâché, la connexion ne se faisait plus que par la pression de la gaine thermo, autant dire que ça n’arrêtait pas de lâcher… J’ai incriminé des infiltrations d’eau tout le week end (le premier run s’étant terminé sur le dos, bateau rempli, à cause d’un mauvais choix de scotch), et je n’ai eu l’illumination qu’en rentrant chez moi le dimanche soir… Pas grave, la soudure est refaite, et l’engin s’est vu depuis doté d’un coupe circuit et d’un porte numéro pour être opérationnel pour Bordeaux. Affaire à suivre donc.

Quelques petites photos en action (merci Jéjé, Thierry et les autres !)

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Publié 30 mai 2010 par pyoffshore dans Bateaux

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